Nuisances nocturnes : une fatalité ? - Le compte-rendu

Les nuisances nocturnes : une fatalité ?Un public fourni : plus de 300 personnes ont assisté à notre réunion « Nuisances sonores : une fatalité? ». France3 a fait un reportage en direct de notre réunion. Un beau succès.
Se sont succédé sur la scène :
- des associations parisiennes (Accomplir, Vivre le Marais !, l'Association des Riverains du Canal Saint-Martin, le Collectif des Riverains Jean-Pierre Timbaud, Les Riverains de la Butte aux Cailles)
- des associations de Lyon (Vivre au Vieux Lyon), Strasbourg (Calme Gutenberg), Nantes (Les rues de Graslin) et Montpellier (Droit au Sommeil à Montpellier)
- des associations de Barcelone et de Lisbonne + des contributions de Londres et Genève ont été présentées
- deux élus parisiens : Yves Contassot, Conseiller de Paris EELV, élu du 13ème arrondissement et Stéphane Martinet, Adjoint au Maire du 11ème chargé de la prévention et de la sécurité. Ce dernier a donné sa vision du sujet et les mesures qui vont être expérimentées dans son arrondissement.
Par manque de temps Bruitparif n’a pas eu le temps de s’exprimer et nous n’avons pu offrir à la salle la possibilité de s’exprimer tant les interventions étaient denses.

Les sujets exposés ont été nombreux montrant les ambiguïtés et les affirmations réductrices sur ce qui est souvent appelé à tort l'économie de la nuit qui ne résume pas heureusement uniquement aux activités liées aux bars et boîtes de nuit. Un médecin a décrit tous les effets néfastes sur la santé du manque de sommeil dû au bruit la nuit et les ravages de l'alcoolisation massive (40 000 morts par an en France) notamment sur les jeunes.
Nos amis des autres villes françaises et étrangères qui sont intervenus ont montré combien les problèmes subis par les habitants étaient les mêmes partout. Les fêtards et les commerces liés ayant accaparé complétement l'espace public avec toutes les conséquences que nous avons maintes fois dénoncées et qui sont renforcées par la passivité des pouvoirs publics et des élus. Il existe des lueurs d'espoir cependant avec des mesures qui ont été présentées notamment celles mises en oeuvre à Londres et à Genève qui confortent totalement les propositions du réseau Vivre Paris!
Loin d'être contre la fête, le réseau qui d'ailleurs participe aux groupes de travail du Conseil de la Nuit prône un accueil des fêtes par les établissements qui ne créent pas d'inconvénients pour le voisinage.
Pour ce faire, des décisions d'aménagement du territoire doivent être prises (lutter contre la monoactivité en contrôlant le nombre de licences IV, empêcher la multiplication des vrais/faux restaurants, faire interrvenir la SEMAEST pour préempter certains fonds de commerce comme cela a été fait avec efficacité dans le IIIe arrondissement).
Il faut aussi lutter contre les comportements anti sociaux, la Ville de Paris doit communiquer sans ambiguïté à ce sujet et il doit être fait en sorte que les exploitants répondent aux conditions professionnelles requises avant de s'installer. De même des contrôles de conformité seront opérés lors de toute ouverture.
L'espace public est à reconquérir et être repris en main (interdiction de la vente d'alcool hors des terrasses autorisées, mise en place d'un management efficace des agents publics et instauration des brigades vertes promises lors de la campagne des municipales). Afin de mieux coopérer avec les riverains la Ville et la Préfecture devront désigner de référents qui participeront ensemble à des réunions périodiques. Ainsi pourront être suivis (avec l'aide d'organismes reconnus comme Bruitparif...) les établissements, les effectifs mis en place, les constats et les PV dressés dans le cadre de résultats objectivés.
Au cours de la réunion le Réseau "Vivre la Ville !" a été officiellement lancé. Il a vocation à fédérer l'action d'associations comme les nôtres à travers la France.
Le Réseau "Vivre Paris !" a présenté et distribué au public ses propositions et participera aux groupes de travail du Conseil de la Nuit.
Tous les diaporamas présentés lors de notre réunion sont disponibles sur notre site.
Nous nous engageons à organiser une réunion d'évaluation avant l'été.

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14 réponses à Nuisances nocturnes : une fatalité ? - Le compte-rendu

  1. Laura dit :

    Merci pour ce site. Je cherchais une association qui pourrait essayer de faire face à la mutation actuelle du 9ème arrondissement, qui devient un arrondissement à la mode, de plus en plus cher, dédié aux restaurants, boutiques de vêtements et bars de nuit.
    Nous sommes victimes aussi de l'effet pervers de la loi contre le tabac: tous les consommateurs sont debout sur le trottoir qu'ils envahissent (et bloquent le passage des bus). Deux bars rue de Rochechouart et le tronçon devient invivable sur la rue, les VMC sur la cour.
    Paris est livrée au divertissement... mais c'est une manne financière, et en temps de crise, pourquoi les instances dirigeantes lutteraient-elles contre? (cf. le dispositif Macron)
    Je continue d'explorer votre site

  2. lili dit :

    Je vis rue Saint sauveur dans le quartier Montorgueil et il est de plus en plus difficile de dormir dans le calme, plusieurs restaurants et bars ont installé des tables sur le trottoir ce qui est totalement illégal. Il y a moins de 2 ans il y a eu un terrible incendie dans la rue et le camion de pompiers a eu du mal à passer...
    Nous appelons régulièrement le commissariat du 2ème qui dit les verbaliser mais rien ne change... Que faire?
    Plusieurs bars ont ouvert récemment et cette rue cumule les licences IV, ils ferment très tard et la clientèle est souvent alcoolisée et bruyante...

  3. MB dit :

    La rue Coquillère est en train de devenir la rue Montorgueil : deux cafés, les restaurants de Maël et Augustin et la Coquille (petit établissement qui reçoit ses clients sur le trottoir), plus la poissonnerie qui se fait livrer à 3h du matin. Impossible de dormir.
    Merci pour vos inititatives.

  4. Ml dit :

    L'initiative de votre réseau est primordiale pour faire enfin prendre conscience aux autorités que les nuisances sonores, en particulier la nuit, sont un véritable enjeu de santé publique et un enjeu sociétal du savoir vivre ensemble. Tout comme la pollution aux particules, la pollution sonore impacte notre santé. Agissons tous pour rappeler à nos élus que leur mission consiste en partie à nous protéger, à faire respecter nos droits fondamentaux, et à prendre les mesures qui s'imposent lorsqu'ils ne sont pas respectés. Bien à vous!

  5. veronick75 dit :

    Voilà une initiative fort louable.
    Il y en a plus qu'assez de ces terrasses "sauvages" qui squattent un trottoir entier. Il devient dangereux de rentrer chez soi car il faut marcher sur la chaussée.
    Impossible d'ouvrir ses fenêtres aux beaux jours sous peine de profiter des conversations, qui durent jusqu'à 1h30, même en semaine.
    Même fenêtres fermées, il reste un fond sonore constant.
    Des gobelets et des cannettes sont régulièrement déposés derrière mes fenêtres.
    Quant au caniveau, c'est un cendrier géant.
    Stop à ces nuisances. Merci de respecter le quartier que vous fréquentez. N'oubliez pas que des personnes y vivent.

  6. JCL dit :

    Bien que n'étant qu'un parisien occasionnel puisque je réside à l'étranger je tiens à apporter tout mon soutien aux associations qui luttent pour conserver à Paris un minimum de sérénité en particulier la nuit. Le tapage nocturne et le déferlement des décibels n'ont jamais été la marque de la civilisation et du raffinement de la vie parisienne dont le rayonnement reste encore très grand à l'extérieur. Préservons cette image et gardons à Paris son caractère unique en limitant les nuisances des marchands de bruit !

  7. MS dit :

    Je vous écris suite à un article vous concernant que j'ai lu ce matin dans le journal DIRECT MATIN.
    Je vous contacte concernant un bar-cabaret, loué par Paris-Habitat.
    Ce bar se trouve en dessous d'un immeuble. Il y a très souvent du tapage nocturne, jusqu'a 1h30 du matin. J'ai à plusieurs reprises appelé la police qui ne se dérange pas. Le maire du 13ème arrondissement, Jérôme Coumet, et Paris-Habitat m'ont dit ne rien pouvoir faire. L'été, le trottoir est envahi de monde, jusqu'à 50 personnes qui boivent jusqu'à plus soif et qui jettent leurs mégots par terre. Impossible d'ouvrir les fenêtres les soirs d'été.
    Que faire devant une telle incapacité à agir?

  8. ML dit :

    Je souhaite tout d’abord vous remercier pour vos initiatives. Je viens de découvrir votre site par un collègue.
    Je subis les nuisances de deux bars à musique sous mon appartement dans le XX° (rue Victor Letalle).
    Ce qui est assez scandaleux de la part de la Mairie de Paris depuis des années, ces sont toutes ces initiatives bruyantes la nuit comme par exemple ‘Nuit blanche’, concerts en plein ville, etc.
    Tout est fait contre le droit et besoin du sommeil, donc l’abus des pouvoirs politiques CONTRE la santé mentale et physique de ceux qui mènent une vie saine et paient leurs impôts.
    Politiquement parlant, j’ai l’impression que tenir les gens fatigués, stressés, est une stratégie pour nous épuiser tous et nous rendre impuissants à défendre nos droits.
    Vous avez raison de mener des actions très concrètes et je compte y participer.

  9. MB dit :

    Je trouve votre mouvement très bien!!! et utile !
    Je me demandais si il y avait des pressions faites au gouvernement en vue de l'interdiction des sons très graves voire des "caissons de basse" qui, de mon point de vue, pose un gros problème au niveau nuisance.

  10. souris des villes dit :

    Face à l’obscurantisme de ceux qui font carrière politique et imaginent qu’ils mènent le monde en n’ayant plus les pieds sur terre, heureusement, il y a des gens, des vrais qui se dévouent pour un projet de société qui prend de la hauteur. OUF !

  11. Jenny Duncan dit :

    Bravo pour cette initiative citoyenne. La Mairie de Paris doit comprendre que ce sont les habitants qui font une ville et non les touristes. Pourquoi la Mairie de Paris veut-elle "vendre" la ville aux touristes qui viennent se soûler, uriner et vomir dans nos rues? Pourquoi cette compétition absurde entre les villes pour être la capitale du binge-drinking? Et tout cela au nom d'une prétendue culture de la nuit? Quelle culture? Celle qui conduit au coma éthylique dont les conséquences sont supportées par la communauté et non par les bistros? Pourquoi ne pas créer une taxe sur la vente de boissons alcoolisées pour couvrir les frais de police, les frais médicaux et les frais de nettoyage induits par la surconsommation d'alcool encouragée par les bars et les alcooliers. Est-ce une politique responsable de laisser se développer une telle anarchie dans nos villes?

  12. Pascaline dit :

    Oui, il est vraiment important d'approuver la concertation et de refouler la médiation.
    Cette dernière tend à trouver un compromis en amenant les personnes en conflit à renoncer à tel ou tel aspect de leurs droits. Elle peut être un mode de règlement pertinent et légitime quand les deux parties qui s'opposent sont de force égale et quand leur différend ne porte pas sur l'atteinte au droit fondamental de l'une d'elle. Mais, dans le cas des nuisances sonores, les riverains sont non seulement souvent en situation de faiblesse économique par rapport au "bruiteur", mais surtout, ils sont atteints dans leur besoin fondamental de dormir, comme le dit l'article.
    La concertation, serait une bonne méthode si elle pouvait être menée dans des délais rapides, puisqu'elle vise à obtenir la réalisation des droits des parties par une application rigoureuse de la règle de droit, mais sans passer par la Justice. Pour qu'elle soit un moyen efficace en pratique, il faudrait cependant que la Ville revoie sérieusement les conditions dans lesquelles elle prétend la conduire. Dans les quartiers représentés par le Réseau "Vivre Paris !", tout ce qui a prétendu être fait jusqu'à présent dans le cadre de chartes de quartier ou conseils de quartier n'est vraiment pas sérieux. Les taux de réussite autoproclamés par les "Pierrots de la Nuit" sont purement fantaisistes et, en vérité, mensongers.

  13. MAZET FONARME dit :

    Trop de bruits lors des fêtes dans les immeubles. Surtout en semaine jusqu'à parfois 4 heures du mat.

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